Vous vous sentez déprimé et votre médecin vous le confirme : vous souffrez de dépression. Et maintenant ? La pilule bleue, la pilule blanche ou la rose, c’est-à-dire du Prozac, du Zoloft ou du Laroxyl ?
Beaucoup de X et de Z, mais malheureusement il ne s’agit pas d’une partie de Scrabble. Il s’agit plutôt de trouver le gilet de sauvetage qui vous évitera de vous noyer dans les eaux tumultueuses de la dépression.
Mais doit-on forcément avoir recours aux antidépresseurs en cas de dépression ?
Car s’ils sont aujourd’hui (trop) largement prescrits, il y a néanmoins encore tant de questions sans réponse à leur sujet.
Certains affirment que les avantages à court terme sont beaucoup plus modestes qu’on ne le pense généralement et que les préjudices peuvent l’emporter sur les bénéfices à long terme, quand d’autres y voient une solution quasi miraculeuse à la dépression.
Malheureusement, la question est difficile à trancher. D’une part, la réelle utilité des antidépresseurs sur les différents types de dépression est un débat aujourd’hui rouvert, du fait notamment des biais de recherche qui ont pu exister.
D’autre part, des études plus poussées sur le cerveau humain montrent aujourd’hui que nous disposons chacun d’une empreinte mentale qui nous prédispose plus ou moins à l’efficacité d’un type de traitement, qu’il soit médicamenteux, psychothérapeutique ou autre.
Mais au-delà de ces considérations, il apparaît aujourd’hui indéniable que des alternatives thérapeutiques peuvent être suffisantes dans le traitement de la dépression légère à modérée, celle qui touche le plus grand nombre.
- Le recours massif aux antidépresseurs
- Dans quelle mesure les antidépresseurs sont-ils efficaces ?
- La psychothérapie : une alternative souvent plus efficace
- Dépression légère à modérée : il existe d’autres voies thérapeutiques naturelles
- La méditation a des résultats surprenants sur les symptômes dépressifs
Le recours massif aux antidépresseurs
Au cours des deux dernières décennies, l’utilisation d’antidépresseurs est montée en flèche. Plusieurs raisons sont invoquées pour expliquer ce phénomène.
La première, évidente, est le fait que les difficultés économiques ont indéniablement accru notre anxiété quotidienne ; une anxiété latente et continue menant souvent à la dépression.
La deuxième, et on peut s’en offusquer, est que les antidépresseurs sont majoritairement pris en charge par la Sécurité sociale, à la différence des thérapies comportementales.
Mais une étude récente suggère une autre explication de poids à ce phénomène. Le diagnostic de la dépression étant une tâche intrinsèquement subjective, son évaluation est très souvent exagérée. Ainsi, la grande majorité des personnes atteintes de dépression, à tort ou à raison, reçoivent un traitement antidépresseur.
Ce n’est pas seulement que les médecins les prescrivent plus : la population en demande également davantage, transformant ainsi les psychiatres en extension commerciale de l’industrie pharmaceutique.
La tristesse, le stress de la vie quotidienne et les problèmes relationnels, outre tous les méandres inévitables de la vie, peuvent provoquer déprime et anxiété. Mais nous sommes de plus en plus enclins à vouloir y faire face épaulés par une aide médicamenteuse.
Ainsi, aujourd’hui dans la plupart des cas, une consultation chez un psychiatre est brève et débouche rapidement sur la rédaction d’une ordonnance, fermant la porte à toutes autres possibilités de voies thérapeutiques.

Dans quelle mesure les antidépresseurs sont-ils efficaces ?
Sont-ils réellement efficaces pour tous les types de dépression ? Le débat est plus complexe à trancher que les études ne le laissent entrevoir.
S’il est un fait établi aujourd’hui, c’est qu’ils sont d’une grande aide dans le traitement de la dépression sévère. Le terme « aide » est soigneusement choisi car ils n’apportent généralement pas une réponse complète à eux seuls.
Là où la question devient épineuse, c’est lorsqu’il s’agit d’évaluer leur efficacité dans le traitement de la dépression légère à modérée, celle qui touche la plupart d’entre nous.
Pourtant, ce n’est pas le manque de recherche scientifique qui est à déplorer. D’innombrables études sur les antidépresseurs peuvent être trouvées dans la littérature médicale.
Le problème réside plutôt dans ce que l’on nomme le biais de publication. Imaginez que vous souhaitiez vous inscrire sur un site de rencontres. Pour cela, vous avez besoin de photos de vous, et pas n’importe lesquelles : celles qui vous assureront le plus grand succès. Vous en prendrez une vingtaine, pour finalement n’en sélectionner que quelques-unes qui vous présentent sous votre meilleur jour.
Selon une vaste étude rapportée par le New York Times, c’est ce même phénomène qui aurait perduré dans l’industrie de l’antidépresseur pendant des dizaines d’années : les études positives étant susceptibles d’être publiées, tandis que les études négatives étaient écartées et remisées au fond d’un tiroir.
Il ne s’agit pas ici de jeter le discrédit sur les antidépresseurs, mais seulement de rendre compte de leurs limites.
La psychothérapie : une alternative souvent plus efficace
Actuellement, les médecins prescrivent des antidépresseurs suivant la méthodologie des « essais et erreurs ». On sélectionne un antidépresseur, on en ajoute un second, ou l’on change carrément de traitement.
La pilule bleue devient ainsi rose, les 20 milligrammes deviennent 30, jusqu’à ce que le résultat soit satisfaisant. Avec la complicité du médecin, vous devenez votre propre cobaye.
Mais au milieu de toute cette tambouille chimique, les psychothérapies empiriquement éprouvées comme la thérapie comportementale et cognitive sont généralement trop peu proposées, bien que les données suggèrent qu’elles pourraient représenter la meilleure stratégie pour de nombreux patients.
En effet, dans une étude de 2013 dirigée par le Dr Helen Mayberg, professeur de psychiatrie à l’Université Emory, les données ont mis en évidence la présence d’un biomarqueur qui nous prédispose à mieux réagir aux antidépresseurs ou à la psychothérapie.
Dans l’ensemble de l’étude, environ 40 % des sujets souffrant de dépression ont répondu positivement à l’un des deux traitements.
Cependant, le Dr Mayberg a constaté des différences cérébrales frappantes entre les patients pour qui les antidépresseurs représentaient la meilleure voie thérapeutique, en comparaison de ceux pour qui la thérapie comportementale était la stratégie à adopter.
Les patients présentant une faible activité dans une région du cerveau appelée insula antérieure ont répondu bien plus efficacement à la psychothérapie, alors que ceux dont l’activité était plus forte ont répondu plus positivement à l’antidépresseur.
Dépression légère à modérée : il existe d’autres voies thérapeutiques naturelles

Les plantes médicinales
Ces inoffensives petites plantes que l’on avale en gélule comme complément alimentaire le matin entre le café et le dressing ; ces plantes que l’on prend sans grande conviction, mais avant tout parce qu’elles ne peuvent pas faire de mal.
Eh bien, il s’avère que certaines d’entre elles sont parfaitement capables de produire des effets similaires aux médicaments chimiques, notamment dans le cadre de dépressions légères à modérées.
Malheureusement, ces trésors d’efficacité thérapeutique sont noyés dans une masse d’autres compléments alimentaires, présentés comme étant tous plus prometteurs les uns que les autres.
Car il y a une faille dans la phytothérapie. Les plantes médicinales peuvent être vendues sans aucune preuve d’efficacité, laissant le champ libre aux entreprises pour délaisser les preuves scientifiques au profit d’un marketing parfois outrancier.
Dans ce cadre, le site La Fabrique à Remèdes s’est donné pour mission d’apporter une touche de crédibilité aux remèdes naturels en appuyant ses dires sur des faits scientifiques.
Pour revenir au sujet de la dépression, si en France nous nous obstinons à ignorer superbement les solutions naturelles, outre-Rhin en Allemagne, le millepertuis est considéré comme un antidépresseur à part entière, détrônant même son principal concurrent : le Prozac.
D’autres plantes aux propriétés antidépressives ont également fait leurs preuves, notamment la rhodiola et le safran. Pensez-y.
La méditation a des résultats surprenants sur les symptômes dépressifs
Entraîner son cerveau à ne pas s’attacher aux pensées dévorantes, c’est la promesse ambitieuse de la méditation.
La dépression se nourrit des pensées d’autoculpabilisation (« je ne serai pas à la hauteur »), des pensées de stress anticipatoire (« j’appréhende la réunion de demain »), ou des ruminations du passé (« pourquoi n’ai-je pas fait autrement ? »).
Un flot de pensées négatives, souvent ininterrompu chez la personne dépressive, qui ne lui laisse alors aucun répit et l’accompagne du lever au coucher, jusqu’à la poursuivre durant son sommeil.
Méditer, c’est justement entraîner son cerveau à observer avec recul ces amas nauséabonds de pensées sans s’y accrocher, sans leur donner d’importance. Avec l’entraînement méditatif, vous êtes en mesure de calmer la frénésie qui règne dans votre tête ; vous reprenez en quelque sorte le pouvoir.
Des preuves solides d’efficacité
Dans une étude largement relayée par les grands médias français, un groupe de chercheurs britanniques a évalué en parallèle l’efficacité des antidépresseurs et de la méditation dans le traitement des rechutes dépressives.
424 patients ayant souffert à plusieurs reprises d’épisodes dépressifs ont été traités soit par la méditation, soit par la médication. Au terme de l’étude, les résultats ont mis en évidence une efficacité similaire des deux traitements. Ces résultats, faisant suite à de nombreux autres, attestent de la réelle efficacité de la méditation sur les troubles de l’humeur.
Dépression sévère, modérée ou légère ? Simple coup de blues ? Anxiété dévorante ou simple stress passager ? Pour l’antidépresseur, c’est du pareil au même : il ne coupe pas les cheveux en quatre et envoie l’artillerie lourde. Pourtant, dans bon nombre de cas, nous pourrions nous en passer, ainsi que des effets secondaires qui l’accompagnent.
Comme nous l’avons vu, la psychothérapie peut être salvatrice. Mais quand nos finances ne nous permettent pas une consultation régulière chez un praticien, se tourner vers la phytothérapie peut être un choix judicieux. En résumé : ni Freud, ni Prozac.
D’autant que loin est le temps où la médecine par les plantes était l’apanage d’obscurs druides. Non, aujourd’hui, la phytothérapie est étayée par une somme d’études scientifiques dont il paraît difficile de remettre en doute le sérieux.
D’ailleurs, on semble l’ignorer, mais au début du 21ème siècle, 11 % des médicaments considérés comme « essentiels » par l’OMS avaient pour composition exclusive des plantes à fleurs.
Ce chiffre, certes important, ne révèle pourtant qu’une infime partie du potentiel que représentent les plantes médicinales, chaque jour apportant son lot de nouvelles découvertes.






