« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé, et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. » – Marc Aurèle
Croyez-vous avoir le contrôle de votre vie ? Jusqu’à quel point pensez-vous pouvoir influencer les événements qui s’y produisent ?
Lorsqu’une difficulté se présente, vous avez généralement deux options. Soit vous ressentez qu’il est de votre devoir de remonter vos manches pour la résoudre. Soit vous pensez que vous ne pourrez rien y faire et qu’il faut simplement attendre que la tempête passe d’elle-même.
Ce positionnement psychologique se nomme le « locus de contrôle » (ou « lieu de contrôle »). Découvert par le psychologue Julian Rotter dans les années 60, ce processus de pensée est intimement lié à notre personnalité et conditionne notre manière d’appréhender le quotidien.
Ainsi, à chaque instant, vous pouvez attribuer vos succès ou vos échecs soit aux éléments sur lesquels vous avez le contrôle, soit aux forces extérieures à votre influence.
Qu’est-ce que le locus de contrôle ?
Le locus de contrôle décrit simplement dans quelle mesure vous avez le sentiment de maîtriser les événements qui influencent votre vie.
D’un côté, on retrouve les personnes développant un locus de contrôle interne, qui croient être responsables de tous leurs échecs ou succès. De l’autre, les personnes ayant un locus de contrôle externe, qui pensent que des forces extérieures comme la chance, le destin ou la société déterminent leur parcours.
Bien sûr, ces locus sont des tendances. Entre les deux existe un continuum sur lequel nous nous positionnons. Nous sommes donc soit à dominante interne, soit à dominante externe, comme illustré par le schéma ci-dessous.

Il faut savoir que le locus de contrôle n’influence pas uniquement la manière dont vous réagissez aux événements de votre vie, mais aussi votre motivation à passer à l’action.
Si vous croyez avoir les clés de votre destin en main, vous passerez plus facilement à l’action pour améliorer une situation. À l’inverse, si vous pensez que le résultat ne dépend pas de vous, vous aurez tendance à subir les événements sans chercher à les modifier.
Prenons l’exemple de Jean, qui a obtenu de mauvaises notes à son examen. S’il a un locus interne, il se dira qu’il n’a pas réussi car il n’a pas suffisamment travaillé. S’il a un locus externe, il estimera plutôt que son professeur a mal expliqué le cours ou que l’examen était injuste.
Être locus de contrôle plutôt interne ou externe

Les recherches montrent que c’est durant l’enfance que nous développons un locus plutôt qu’un autre. Les parents qui encouragent l’autonomie de leurs enfants et leur apprennent que leurs actions ont des conséquences favorisent le développement d’un locus de contrôle interne.
À l’inverse, des parents surprotecteurs qui empêchent leurs enfants d’expérimenter leurs limites, ou une éducation perçue comme imprévisible et hostile, tendent à transmettre un locus de contrôle externe.
Alors, vaut-il mieux être « locus interne » ? Les psychologues ont démontré à travers de nombreuses études qu’un locus de contrôle interne offre d’importants bénéfices :
- Études et apprentissage : Les étudiants avec un locus de contrôle interne obtiennent de meilleures notes, passent plus de temps à étudier, et sont globalement plus satisfaits de leur vie.
- Sport : Les athlètes avec un locus interne ont une plus grande ténacité mentale, gèrent mieux leur stress et se fixent plus fréquemment des objectifs réalistes.
- Addiction : Les personnes avec un locus externe tendent à être plus souvent dépendantes à des comportements ou substances néfastes (tabac, jeux de hasard, drogues). Elles consultent également moins les professionnels de santé pour s’en sortir.
- Santé : Les individus avec un locus interne sont moins susceptibles d’être en surpoids, et ont généralement une meilleure estime d’eux-mêmes. Ils suivent plus rigoureusement leurs traitements médicaux et sont moins enclins à souffrir de dépression sévère ou d’anxiété.
- Spiritualité : On retrouve d’un côté des personnes actives dans leur rapport à la spiritualité (ex. : « l’univers me rend responsable de mes actions »), et de l’autre des personnes plutôt passives (ex. : « ce qui m’arrive est uniquement lié au destin »).
D’après plusieurs études, bien que notre locus soit relativement stable dans le temps, il semblerait qu’il devienne de plus en plus interne avec l’âge. Bien entendu, il est toujours possible de faire évoluer son propre locus, avec du temps et des efforts réguliers.
Pour résumer, voici les grandes différences :
| Locus Interne | Locus Externe |
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Cependant, même si le locus interne présente des avantages indéniables, un excès peut mener à un surcontrôle de soi. Cela peut vous pousser au présentéisme ou au perfectionnisme extrême, avec le risque de développer un burn-out si les résultats ne sont pas à la hauteur de vos espérances.
Un haut niveau de locus interne peut également générer de l’impatience, car il devient difficile d’accepter que certains événements échappent à notre volonté. Il est d’ailleurs facile de tomber dans le piège consistant à se culpabiliser constamment lors d’un échec, alors que le contexte peut en être la cause inévitable (par exemple, tomber malade la veille d’un examen).
Le questionnaire du locus de contrôle
Il est temps de découvrir si votre profil est plutôt Locus Interne ou Locus Externe. Pour cela, voici un questionnaire au format PDF développé par la psychologue Patricia C. Duttweiler et traduit par mes soins.
Si vous préférez une version interactive et disposez de 5 à 7 minutes, vous pouvez passer le test ci-dessous :
Le mot de la fin
Votre locus de contrôle influence grandement votre quotidien, de la gestion de votre stress à votre motivation à prendre votre vie en main. Dans la majorité des situations, posséder un locus interne est un véritable atout. Cela signifie que vous avez conscience que vos actions ont un impact réel sur votre parcours.
Si vous vous reconnaissez davantage dans le locus de contrôle externe, sachez qu’il est possible de faire évoluer votre perception.
Bien que certains contextes soient impossibles à modifier, il est toujours plus constructif de se concentrer sur les leviers d’action à votre disposition, plutôt que de vous considérer comme un simple spectateur. Ne laissez pas votre locus externe vous amener à sous-estimer vos capacités.







Merci pour cet article complet et pertinent sur le locus de contrôle! J’ai apprécié la lecture qui m’a gardé intéressée et le format pdf pour le test est parfait. Je connaissais le test sous version abrégée et celui-ci me semble encore plus précis. Merci encore, et bon succès!
en passant… la citation Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé, et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.” ne serait pas de Marc Aurèle! Voici un lien pour en savoir davantage :) https://www.dicocitations.com/citations/citation-65629.php