Comment sortir ses projets de l’impasse

impasse

Travaillez-vous sur un projet qui a l’air sans fin ? Êtes-vous sur le point d’abandonner parce que votre travail est devenu bien plus complexe que ce que vous aviez prévu lorsque vous vous êtes engagé là-dedans ?

Si c’est le cas, bienvenue dans le « development hell ». Un terme anglo-saxon créé dans l’industrie des médias qui fait référence aux projets dont le développement a pris une tournure telle qu’il est peu probable qu’il voit jamais le jour. Si vous avez déjà vécu ce qui suit…

  • Vous avez investi une immense quantité d’efforts et de temps dans un projet (ou but, ou tâche), mais vous n’avez que très peu progressé.
  • Chaque étape que vous réalisez révèle plus de difficultés ou d’obstacles que vous ne pouvez gérer.
  • Même quand vous pensez que les choses ne peuvent pas devenir pire, elles deviennent pire ! (Vive la Loi de Murphy !)
  • Travailler sur ce projet est une vraie galère.
  • Vous n’arrivez pas à voir « la lumière au bout du tunnel ». En fait, vous n’êtes même pas sûr qu’il y ait une fin à ce tunnel !

… dans ce cas, vous êtes probablement dans un « development hell » à présent !

Sortir ses projets de l’impasse

Si vous êtes actuellement bloqué dans un « development hell », vous n’êtes pas seul. Voici un guide pour vous sortir de cette période douloureuse.

1- Décidez si ce projet vaut le coup d’être poursuivi

Le « development hell » est généralement la phase « ça passe ou ça casse » d’un projet, soit vous vous poussez à surmonter ça à grands renforts de motivation, soit vous échouez. Le fait que vous êtes « coincé » à présent signifie que le projet est devenu plus important – les difficultés et le reste aussi – que ce que vous aviez anticipé, donc vous devez maintenant savoir si le projet vaut le temps que vous y consacrerez.

Demandez-vous:

1. Est-ce que je veux continuer ce projet ? (C’est votre « POURQUOI »).
2. Quels sont les bénéfices que j’en tirerai si je terminais ce projet ?
3. Quels sont les coûts que cela impliquera de le terminer ? Combien de temps et d’efforts supplémentaires devrais-je investir dedans ? (Ignorez les coûts irrécupérables qui sont des coûts qui ont déjà été investis et ne changeront pas, peu importe ce que vous faites maintenant).
4. Est-ce que les bénéfices en réalisant ce projet l’emporteront sur les coûts ?
5. Y aurait-il des conséquences ou répercussions graves si j’abandonnais ce projet ?

Si vous avez un assez solide « POURQUOI » et que les bénéfices de ce projet l’emporteront sur les coûts, c’est une raison plus que suffisante de continuer ce projet. Cependant, si vous n’accordez pas d’importance à ce projet, si les bénéfices sont largement inférieurs aux coûts et qu’il n’y a pas de conséquences majeures à l’abandonner, dans ce cas envisagez alors d’abandonner ce projet.
Contrairement à la croyance populaire, abandonner n’est pas une mauvaise chose – en réalité, quelques fois vous avez besoin d’abandonner pour réussir.

Évaluez si le projet mérite votre attention, prenez une décision, puis avancez. Ne restez pas bloqués les limbes.

2- Divisez vos tâches en sous-tâches plus petites

Si vous êtes intimidé par les tâches de votre projet, divisez-les en tâches plus petites. Chaque « sous-tâche » doit être assez simple pour que vous pussiez agir immédiatement dessus. Si elle continue à vous faire peur, c’est qu’elle n’est pas assez petite – continuez à la disséquer jusqu’à ce qu’elle soit si simple que vous la ferez les yeux fermés ou presque. Ensuite mettez-vous au travail ! wink

Imaginons que vous écriviez un livre selon un schéma précis. Votre livre est composé de plusieurs chapitres, et vous devez vous concentrer sur l’écriture d’un chapitre à la fois. Mais ensuite chaque chapitre doit être décomposé en sous-chapitres, sinon vous risquez de vous perdre dans votre flot d’idées et considérations, et vous devez faire en sorte que tout soit parfaitement adapté avec le thème général de l’ouvrage.

Pour éviter tout désagrément, divisez chaque chapitre en sous-chapitres, puis en segments de sous-chapitres. Ensuite en s’occupant de chaque petit segment, écrire devient un jeu d’enfant, et vous n’avez plus à vous inquiéter de mille et une choses lorsque vous écrivez votre livre.

3- Attachez votre monstre perfectionniste

Ah, le perfectionnisme – il est en chacun de nous. Le perfectionnisme est utile car cela signifie avoir des standards élevés, mais cela peut aussi nous rendre obsédés par de petits détails sans importance, qui nous empêchent d’avoir une vue d’ensemble.

Un formateur que je connais, D, est un grand perfectionniste. Il y a quelques mois, il travaillait à améliorer la qualité de son support de cours. Le problème est que cette tâche lui a pris bien plus longtemps qu’il ne l’avait prévu – en partie parce qu’il avait sous-estimé le temps dont il avait besoin, et en partie parce qu’il cherchait constamment de nouvelles choses à ajouter, par conséquent cette tâche ne faisait que grandir et grandir encore.

Evidemment il y a toujours de nouvelles choses à ajouter, et des choses à améliorer ! Mais sans mettre de date butoir à un projet, il peut bourgeonner de manière incontrôlable et ne jamais voir la lumière du jour.
J’ai alors dit à D que si c’était très bien qu’il ait de nombreuses idées à implémenter dans son projet, qu’il devrait plutôt faire la part des choses et de se concentrer sur la mise à jour actuelle de son programme et de laisser ses autres idées pour de prochaines mise à jour. D a accepté, et m’a donné une sympathique analogie entre son programme et le lancement d’un logiciel. Il a dit, « C’est comme une compagnie qui lancerait un nouveau logiciel et travaillerait aussi sur les prochaines versions dudit logiciel. Je peux travailler sur la version 2.0 d’abord, puis laisser le reste pour la version 3.0 la prochaine fois. Cela marche bien mieux ainsi ! »

Avec votre projet, en sachant quelles sont les priorités, concentrez-vous dessus. Le principe des 80/20 s’applique. Pour les domaines non prioritaires, ne leur donnez que très peu voire pas d’attention. Vous avez une énergie limitée, alors placez-la dans ce qui importe.

4- Faites une pause

Si vous pensez « Quoiii ?? Prendre une pause ?? Je n’ai pas le temps là ! » je vous comprendrais parfaitement. Cependant, les pauses nous sont nécessaires pour nous permettre d’aller plus loin. Alors que certains peuvent croire que les pauses sont des distractions, les pauses nous aident à récupérer ainsi nous devenons plus productifs par la suite. Les pauses nous aident aussi à prendre du recul vis à vis de notre travail, et ainsi à reprendre notre point de vue et développer de nouvelles idées qui nous aideront plus tard.

Par exemple, lorsque j’ai du mal à écrire des articles, le fait de me forcer ne m’a jamais aidé à en faire plus. J’écrirais beaucoup de contenu inadapté que je supprimerais plus tard de toute façon; je serais aussi très frustré car j’aurais passé des heures à écrire sans que le résultat ne me plaise.
D’un autre côté, lorsque je prends une pause, j’acquiers de nouvelles idées. Parce que lorsque je m’éloigne du travail, je peux voir les choses sous un autre angle, après cela je peux immédiatement voir ce qui ne va pas et ce que je devrais faire à la place.

Pour citer J.Daniel Atlas du film Insaisissables, « Plus vous regardez, et moins vous voyez. » Lorsque vous êtes pris dans un problème, vous ne pouvez jamais voir le problème tel qu’il est. Ce n’est que lorsque vous reculez un peu que vous pouvez (a) voir la situation entièrement et (b) trouver des solutions que vous aviez en face des yeux depuis le début.

Donc si vous travailliez non-stop, prenez une pause. Prenez un repas, une douche, relaxez-vous, ou même méditez. Autorisez-vous donc une petite coupure, de temps à autre.

5 – Parlez à quelqu’un (pour obtenir du soutien mental/émotionnel)

Travailler sur un projet complexe peut générer un repli sur soi et de l’isolement, ayez donc quelqu’un à qui vous pourrez parler régulièrement. Envoyez un message à un ami, appelez un membre de votre famille, discutez avec votre moitié, ou même dans un forum communautaire qui partage la même vision des choses que vous. Partagez vos frustrations, évacuez ce que vous avez, ou parlez même de choses qui n’ont rien à voir avec le travail. Le but est de vous ré-ancrer dans le monde réel, ainsi vous ne vous perdrez pas dans l’univers de votre projet.

6- Analysez ce qui vous bloque

Quelques fois lorsque nous sommes coincés dans une même situation un certain temps, cela peut nous aider d’analyser ce qui nous bloque plutôt que de continuer à persister aveuglément. Demandez-vous :

1. Qu’est-ce qui me bloque actuellement dans ce projet ?
2. Comment puis-je résoudre ce blocage ?

J’ai vécu des blocages mentaux; qui n’étaient que des critiques que je m’auto-imposais et m’empêchaient d’aller plus loin. Quelque part mes immenses attentes concernant tout ce que j’écrivais et à quoi mes articles, et autres projets devaient ressembler, remettaient constamment en question ma qualité d’écriture. Ironiquement, ce sont ces attentes qui empêchaient mes meilleures idées de jaillir. Même si je m’auto-critiquais pour donner le meilleur à mon lectorat, je ne faisais que me saboter moi-même au final.

Après avoir identifié ces blocages, cela m’a pris beaucoup de temps avant de reconnaître que c’était mon attitude d’auto-critique qui au lieu de m’aider à donner le meilleur de moi-même, me tirait simplement vers le bas. J’ai compris que je devais écrire ce que j’avais sur le cœur pour conseiller au mieux les gens, et ne pas essayer de faire ce que je considérais comme le meilleur (ce qui n’était qu’une course sans fin vers le perfectionnisme). Après avoir fait ce changement, tout s’est débloqué et j’ai pu écrire facilement.

7- Créez un nouvel échéancier

Si vous avez travaillé en vous donnant un délai inatteignable ou déjà dépassé, créez un nouveau délai. Il n’y a rien de plus démotivant que de chercher à atteindre une cible impossible. Évaluez votre liste actuelle de choses à faire et de ressources, et élaborez un nouveau calendrier de tâches à faire et les prochains délais à ne pas dépasser pour les réaliser. Réajustez vos priorités si nécessaire. Vos objectifs doivent être à la fois difficiles mais réalisables.

8- Avoir un retour

Quand vous travaillez sur un projet complexe (surtout si vous le faites seul), la plus petite des tâches peut devenir un vrai bourbier. Et il n’est pas si rare que ça de s’engager sur le mauvais chemin un sacré bout de temps avant de se rendre compte de notre erreur ! Par là, vous gaspilleriez de nombreuses heures de votre temps pour rien, sans compter que vous aurez moins de temps pour faire ce qu’il vous reste sur votre liste.

Pour éviter de tels scénarios, faites-vous un devoir d’obtenir un retour, en particulier celui de votre public cible. Peu importe ce que vous faites, il y a toujours un groupe de gens pour lequel vous le faites. Par exemple, si vous lancez un magasin d’artisanat, votre public sera les gens qui veulent acheter du matériel d’artisanat. Si vous écrivez un livre de jardinage, votre public sera des gens qui veulent en apprendre davantage sur le jardinage.

Tandis que certains pensent qu’un retour ne peut arriver qu’après que le travail soit entièrement terminé, ce n’est pas vrai du tout. Vous pouvez avoir un retour pendant que vous travaillez sur votre projet. Et cela vous permettra de sortir un projet abouti et validé par votre public cible.

9- Prenez soin de vous

Quand nous sommes occupés par le travail, il peut être très aisé de mettre de côté les autres parties de notre vie. Sauter des repas, manger de la nourriture de fast-food, ne pas faire d’exercice, négliger notre vie sociale, diminuer son sommeil ou abandonner nos besoins personnels. Notre croyance sous-jacente c’est qu’en passant plus de temps à travailler, nous pouvons finir notre travail plus vite et que nous pourrons ensuite retourner prendre soin de nous.

Pas vrai ? Faux. Malheureusement, la vie ne marche pas comme ça. Les différentes parties de nos vies ne sont pas des compartiments que vous pouvez gérer indépendamment; ils sont interconnectés comme une toile d’araignée; vous ne pouvez pas en négliger un sans mettre en péril l’équilibre des autres. Si vous mettez de côté vos besoins personnels, cela génère un impact négatif sur les autres parties de votre vie ce qui n’est pas forcément visible tout de suite. Cet impact négatif se glisse en nous et fait son chemin petit à petit, par des accès soudains de tristesse, de fréquentes fatigues, une faible productivité, et un manque de motivation pour travailler.
Prenez donc soin de vous, faites attention à vos besoins. Prenez le temps de manger sainement, de faire de l’exercice, de rencontrer des amis, et de bien vous reposer (voir le point n°4 pour les pauses). Nourrir vos besoins va créer un effet positif dans vos autres parties dans votre vie aussi.

10- Une étape à la fois

Après tout ce qui a été dit, au final il est temps de passer à l’action.

Par exemple il y a énormément de choses incluent dans l’écriture d’un livre. De la planification, à la réflexion, à la recherche de faits, à l’écriture, au tri du labyrinthe de pensées et d’idées, à l’édition, à la relecture, et à encore plus d’édition. Le processus peut facilement prendre trois mois à des années. Certains écrivains professionnels à temps plein comme Malcolm Gladwell prennent des années à publier un livre !

Pour ne pas être dépassé par les événements et y aller progressivement dans l’écriture d’un article par exemple, j’ouvre un document Word puis j’écris une phrase. Lorsque j’ai fini, j’écris la phrase suivante. Puis la suivante. Puis la suivante.

Grâce à cette approche étape par étape, je me sors de ce « development hell ». Certains jours je deviens de mauvaise humeur: je prends alors une pause (Point n°4), puis je retourne écrire après ça. D’autres jours je suis distrait par des « urgences »: je m’occupe alors de faire ces activités en premier avant qu’elles ne m’explosent à la figure, puis je retourne écrire. Quoi qu’il se passe, je retourne toujours écrire par petites étapes (voir le point n°2).

Quel que soit sur quoi vous travaillez, je sais que ce n’est pas facile. Personne n’a dit que les choses seraient faciles. Toutefois si vous avez décidé de poursuivre ce projet (point n°1), maintenant il est temps de serrer les dents et de faire avancer les choses. Personne d’autre que vous ne peut le faire.
N’ayez pas peur de demander de l’aide, mais rappelez-vous que vous êtes le seul qui puisse ouvrir la voie.

Pour citer Joe Girard: « L’ascenseur du succès est en panne. Vous devez monter les escaliers… pas à pas. »

Ne croyez pas que vous êtes seul. Vous ne l’êtes pas. Il y a plein de gens dans le monde bloqués dans cet « enfer » avec leurs objectifs et leurs projets aussi. Continuez juste à faire ces petits pas et vous continuerez à avancer lentement vers votre but. Rappelez-vous, que chaque étape que vous réalisez est une étape complète. Si vous vous concentrez sur ces petites étapes, vous aurez bientôt fini.

Partagez votre expérience du « development hell » !

Êtes-vous dans une impasse actuellement ? Avez-vous des frustrations au sujet du projet sur lequel vous travaillez ? Comment pouvez-vous les surmonter ? Utilisez la section des commentaires pour clarifier vos pensées !

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager avec votre entourage smile

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Adam Fartassi
Jeune hypnothérapeute passionné de développement personnel, je vogue sur le web pour vous transmettre les meilleures méthodes pour changer de vie. Visez l'excellence, et renouez aujourd'hui avec votre fabuleux potentiel !

2 Commentaires

  1. Marie

    Merci Adam,
    votre article est la bouffée d’oxygène qu’il me fallait!!
    Perfectionniste maladive je me laisse submerger par de petits détails….et je n’avance finalement pas dans mes projets…
    Et je stresse et deviens de moins en moins motivée , et efficace.
    c’est la boucle infernale!!
    Prendre du recul, faire des pauses..pour mieux repartir de l’avant.

  2. Stef&Mag

    Le titre du point 3 est parfaitement choisi. Le perfectionnisme est effectivement un « monstre » qu’il faut combattre et reussir à attacher. Il est consommateur de temps d’energie d’argent…avec finalement peu de valeur ajoutée en retour. On est effectivement vraiment dans une parfaite illustration de la loi du 20/80. Merci Adam de me le rappeler à travers cet article car le perfectionnisme est ma bête noire et c’est un travail de tous les jours que je dois faire sur moi… ;-)
    Le point 4 est egalement fondamental je trouve car trop souvent méconnu et sous estime. La technique du « pomodoro » est une astuce à tester : alterner 40min de travail intense, vraie pause de 5min puis à nouveau 40min de travail, etc…gain en productivité garantie. Testez et partagez vos résultats.

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